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Mabon, équinoxe d'automneFêté vers le 22 septembre, l'équinoxe d'automne se nomme aussi Maponos, Maponus, Alban Elfed, Harvest Home et Winter Finding. Nous nous retrouvons encore une fois dans un état d'équilibre entre la durée du jour et de la nuit. Le soleil traverse l'équateur et se dirige vers le sud, annonçant la fin des jours longs et chauds de l'été, et le début du temps froid et tranquille de l'hiver. Le Soleil a entreprit sa descente annuelle et son règne s'achève. Encore une fois nous nous trouvons confronté à la vérité universelle de la vie, de la mort et de la réincarnation. L'équinoxe de l'automne est le second festival de la trilogie des récoltes. Mabon marque la fin des récoltes commencé pendant Lughnassadh. L'action de grace (Thanksgiving) est une fête qui remercie la Déesse de l'abondance de la terre pendant cette époque. C'est une période de réjouissance et aussi de grande tristesse, un temps de grands changements. C'est également un temps entre deux mondes, alors que nous regrettons ce qui se termine, un temps de plénitude, une récolte abondante et l'assurance que la Mère Nature retienne la Lumière en son sein, la réalisation que la roue du Temps tourne inlassablement, car le temps est circulaire et non linéaire et qu'il n'y a jamais de fin mais est un recommencement, la continuité d'une Vie éternelle. C'est un temps où nous nous préparons pour nos propres récoltes, en accumulant les expériences de la dernière année écoulée, en les assimilant pour qu'elles deviennent une partie de nous-mêmes. C'est pendant Mabon que nous sommes appelés à comprendre qu'il nous faut un temps d'arrêt, pour assimiler, regénérer et incorporer ce que la vie nous a donné. Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons l'utiliser à bon escient, pour qu'il devienne un guide pour notre avenir. Nous célébrons l'histoire de Mabon ap Modron, le fils de la mère (Modron), la Divine Jeunesse, le Fils de la Lumière. Mabon est pris alors qu'il a trois nuits d'âge. Son périple est sous le couvert d'un grand mystère, et c'est par la sagesse des animaux les plus anciens (le merle, le cerf, le hibou, l'aigle et le saumon) que nous comprenons ce qu'il est, et pourquoi. Mabon vit au sein de sa Mère, l'Outremonde. C'est un endroit de défis et une place de renouveau et de regénération, une place de vie nouvelle. Pour qu'il puisse renaître, la source de la Lumièere et de la Joie, le champion de la Mère. Juste comme la Lumièere est attirée vers la terre accumulant la force et la sagesse, pour devenir une nouvelle graine de Connaissance, Mabon est retourné dans le ventre de sa Mère. Alors que l'hiver commence, la terre protège les fragiles graines et prendant tout l'hiver, ces graines seront gardées en son Sein pour qu'elles puissent renaitre. De façon pûrement technique, l'équinoxe est un point astronomique et, parce que la Terre oscille sur son axe trèes légèrement, la date varie quelque peu d'une année à l'autre. L'équinoxe d'automne arrive quand le soleil traverse l'équateur dans sa course vers le sud, et à ce moment précis, nous avons un jour et une nuit d'égales longueurs. Jusqu'à ce jour, les heures d'ensoleillement dépassaient les heures de nuit, mais à partir de l'équinoxe, ce sera le contraire. Les astrologuesappellent ceci la date ou le soleil entre dans le signe de la Balance, un signe dont le symbole reflète trèes clairement l'égalité du jour et de la nuit. Naturellement, les paysans européens des siècles passés ne fêtaient pas à une date précise de l'équinoxe, mais à une date fixe, soit le 25 septembre, une fête que l'église médiévale a christianisée sous le nom de la Saint-Michel, ou Michaelmas, en l'honneur de l'archange du même nom. Une rumeur circule dans les cercles historiques a l'effet que l'église chrétienne médiévale ait voulu séparer l'année en quatre parties pour les dédiées aux quatre archanges. Certains documents se réfèrent à l'équinoxe du printemps comme la Gabrielmas, commémorant l'annonce de l'archange Gabriel fit à Marie le jour de Lady Day. Naturellement, les celtes ne se fiaient pas au même calendrier, et il faut se souvenir qu'ils fêtaient du crépuscule à l'aube, soit Mabon commençait la veille, ce qui donnerait aujourd'hui le 24 septembre au soir. Du point de vue Mythique, c'est le jour où le dieu de la lumière est défait en combat par son jumeau et alter-ego, le dieu des ténèbres. C'est le temps de l'année où la nuit conquiert le jour. Dans la mythologie galoise, le mythe de Blodeuwedd, l'équinoxe d'automne est le seul jour de l'année où Llew (lumière) est vulnérable et qu'il peut être battu. Llew est donc placé sur la balance (Balance / équinoxe d'automne), avec un pied sur le chaudron (Cancer / solstice d'été) et l'autre pied sur la chèvre (Capricorne / solstice d'hiver). Ainsi, il est trahit par Blodeuwedd la pucelle (Vierge), et transformé en aigle (Scorpion). Deux choses peuvent donc se produirent, en succession rapides. Ayant défait Llew, Goronwy (ténèbres) prend maintenant la place et les fonctions de Llew, autant comme amant de Blodeuwedd, la Déesse, et comme Roi de notre monde. Même si Goronwy, le Roi Cornu, est assi sur le trône de Llew et commence son règne immédiatement, son couronnement réel n'aura pas lieu avant six semaines, lorsqu'il deviendra le souverain de l'hiver, le roi des ténèbres. Par ailleurs, les autres fonctions de Goronwy ont des résultats plus immédiats encore. Il s'accouple avec la déesse vierge, et Blodeuwedd conçoit et donnera naissance (neuf mois plus tard, au solstice d'été) au fils de Goronwy, qui n'est autre qu'une réincarnation de lui-même, le fils des ténèbres. La mort sacrificielle de Llew en ce jour l'identifie avec John Barleycorn, l'esprit des champs. Ainsi, Llew représente non seulement le pouvoir du soleil mais aussi la vie du soleil prisonnière et cristalisée dans le maïs. Souvent l'esprit du maïs a été vu comme résidant dans la dernière botte récoltée, et celle-ci était habillé de beaux vêtements d'où les épis tressés en homme de paille. Cette effigie était ensuite coupée et transportée du champs pour être brûlée pendant les réjouissances. Certains peuvent voir Blodeuwedd et Goronwy sous un autre jour, pas en conspirateurs qui assasinèrent leur roi, mais en gentils paysans qui récoltèrent le fruit de leurs labeur après en avoir pris grand soin. Incidemment, ce faux sacrifice annuel d'une figure de paille (représentant l'esprit végétal) peut avoir été à la source de l'erreur sur la religion druidique, à savoir que les druides faisaient des sacrifices humains. Cette accusation commença avec Jules César (qui ne l'a probablement pas fait sans arrière-pensée) et a été reprises à maintes occasions. Pourtant, comme bien des historiens l'ont reconnu, uniquement ceux qui avaient lu César ont émis cette accusation, et même dans certains textes de la main de Jules César lui-même, dont ses Guerres galloises, il écrit qu'il n'a jamais assisté à un sacrifice humain. De plus, il n'a jamais mentionné avoir connu quelqu'un qui en a été témoin. Tout comme aucun texte historique, de près ou de loin, ne mentionne un sacrifice humain fait par les druides, il n'y a aucune preuve archéologique pour supporter l'accusation. Il faut mentionner aussi que les druides se refusaient à porter les armes, même au péril de leur vie, la loi irlandaise de brehon l'interdit, et n'importe qui dégaine une arme en présence d'un druide risque la peine de mort pour un tel outrage. Par contre, de faux sacrifices abondent. Les effigies en paille tressée sont monnaie courante dans la tradition britannique. Certains de ces personnages sont adressés par leur nom, vêtus de beaux habits, etc. Dans la pièce de théatre médiévale "Rise Up, Jock", dans la plus pure tradition des "miracles" joués par les troupes ambulantes dans les fêtes foraines, un jeune homme habillé en roi-arlequin finit toujours par mourir dans un de ces faux sacrifices. Invariablement, dans les personnages de ces pièces, il se trouve toujours un mystérieux docteur qui a appris bien des secrets en voyageant dans "des contrées lontaines" et qui réussit à sauver la vie du jeune roi. Si le "roi" avait été tué pour de vrai, il n'aurait pas pu revivre, ce qui est la leçon de vie de toute la pièce. C'est l'histoire de la mort et de la résurection de la vie végétale. Et quel meilleur temps pour jouer cette pièce qu'à la saison des récoltes? Dans la plupart des cultures païennes, le soleil est vu comme étant divisé en deux personnalités rivales : d'un côté le dieu de la lumière et de l'autre, son étrange "autre-moi", le dieu des ténèbres. On en trouve plusieurs exemples, dont Gawwain et le Chevalier Vert, Gwyn et Gwythyr, Llew et Gornwy, Lugh et Balor, Balan et Balin, Le Roi du Houx (Holly King) et le Roi du Chêne (Oak King), etc. Souvent ils sont décrits comme s'engageant dans des batailles saisonnières pour la faveur de leur déesse/amante, comme Creiddylad ou Blodeuwedd, qui représentent la Nature. Le dieu de la lumière nait toujours au solstice d'hiver, et sa force grandit pendant les jours de plus en plus longs, jusqu'à son apogée, au solstice d'été, le jour le plus long de l'année. Et comme son reflet dans un miroir, le dieu des ténèbres nait au solstice d'été et sa force grandit avec les nuits de plus en plus longues jusqu'à sa propre apogée au solstice d'hiver, la nuit la plus longue. Des incidences indirectes supportant ce pattern de naissances-miroir sont encore plus évidentes dans la forme christianisée de ce mythe païen, tel que Robert Graves a démontré que Jésus était identifié avec le Roi du Houx, alors que Jean le Baptiste était le Roi du Chêne. C'est ce qui explique que dans la forêt, le houx est l'arbre qui porte la couronne. La naissance de Jésus se fait au cœur de l'hiver alors que celle de Jean le Baptiste est en plein été. Contrairement à la tradition païenne, ce ne sont pas des décès qui sont célébrés en ces dates mais des naissances. Ce qui est étranges, car la tradition chrétienne, sauf les naissances de ces deux-là, ne célèbre que les morts des saints. Jean le Baptiste est le seul saint dont la naissance est fêtée; ceci n'a aucun sens dans une perspective chrétienne, mais est très riche symboliquement du point de vue païen.
Alors, si les naissances sont associées aux solstices, quand ont lieu les morts symboliques? Quand Goronwy tue Llew et quand Llew tue à son tour Goronwy? Demandons-nous quand les ténèbres réussisent à conquérir la lumière et l'inverse? La réponse la plus évidente est pendant les deux équinoxes. Pendant l'équinoxe d'automne, les heures de clarté sont éclipsées par les heures de nuit, et à l'équinoxe du printemps, l'inverse se produit. Alors que Llew est atteint par l'épée de clarté solaire de l'équinoxe d'automne, et "meurt" en tant qu'humain, et transformé en aigle, cela prend un peu de temps avant que Gwydion le retrouve en tant qu'aigle. Combien de temps? On pourrait dire environ 13 semaines, quand le soleil atteint le sommet du signe de l'aigle (Scorpion) à l'Halloween. Il 'meurt' définitivement en ce jour et passe alors dans le monde des morts où il est couronné roi de l'Outremonde. Dans la tradition médiévale, la personne nommée "roi de l'outremonde" reignait de l'Halloween jusqu'au Vieux Noël, c'est-à-dire avant le changement de calendrier, jusqu'au solstice d'hiver.
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