Connue sous les noms de Candlemas, Imbolg, Imbolgc Brigantia, Lupercus: Imbolc (littérallement "en laitance"), cette fête d'origine païenne marque traditionnellement la période de lactation des vaches et des brebis. Ces animaux ne peuvent produire de lait avant la naissance des petits, et celle-ci arrive (dans l'ordre naturel et non sous la pression des producteurs laitiers modernes) vers cette date. Le lait était une source de survivance essentielle pour les tribus qui avaient endurées un long hiver.
Imbolc est la fête qui honore Brighid (prononcé Bride), aussi connue comme Brighid, Brigit, Bride (d'où le nom "bride" signifiant jeune mariée en anglais). Le nom Brighid vient de breo-aigit qui signifie "flèche brûlante". Brighid est la protectrice et la gardienne de la Mémoire et de la Connaissance, elle nous donne le savoir et la sagesse de protéger, chérir et encourager la production de la terre, car c'est la source de la vie.
Imbolc est aussi la fête du feu, dont la signification est basée sur la lumière du feu et non sa chaleur. Comme nous célébrons le retour de la lumière (les jours plus longs), Brighid est couronné d'une guirlande de bougies. La déesse du feu Brighid est la gardienne des forgerons, de l'inspiration des poètes, des puits et des guérisseurs. Son feu est une transformation symbolique qui offre la guérison, des visions et la sagesse dans les moments de colère. Februum est le mot latin qui signifie "purification", soit le mois du "grand nettoyage spirituel". Le dégel délivrant les eaux des rivières et du sol, la symbolique se rapporte aussi à tout ce qui était emprisonné peut aussi être libéré.
Plus exactement, qui est Brighid?
Tout comme les chandelles, l'encens et l'eau sacrée ont été employés bien avant le Christianisme par des religions païennes, les dieux et déesses des anciens cultes ont été absorbés par la nouvelle religion.
Bien avant l'arrivée de Patrick sur la terre d'Irlande, les celtes vénéraient la déesse Brighid. Celle-ci a trois formes (ou deux soeurs ayant le même nom qu'elle): la jeune fille, la mère et la vieille femme. Comme jeune fille, elle représente l'inspiration et la poésie. Brighid la mère préside sur la santé physique. Elle est sage-femme, guérisseuse et protectrice des nouveau-nés. La vieille Brighid est en charge du feu du foyer, de la protection des forgerons et des artisans. Brighid est également la sage-femme qui prend en charge la "naissance" du printemps, fêté au Candlemas (la Saint-Martin) le 2 février. Elle est aussi la déesse de l'agriculture, du savoir, de la divination, de la prophétie, du soin apporté aux animaux, de l'amour, de la sorcellerie et du savoir occulte. Dans les légendes, on rapporte qu'elle est surnommée "celle aux deux visages". L'un de ces visages est sombre et laid, l'autre est clair et joli. Chaque année, on peut observer le "mystère" de Brighid dans la transformation de la vieille femme en une jeune beauté du printemps.
Dans les traditions celtiques, Brighid commença sa vie comme la déesse du feu. Elle est née au lever du soleil. Une grande tour de flammes sortit du front de la déesse nouvelle-née et se rendit jusqu'à la voûte céleste. Elle aimait s'amuser au dépend du forgeron, ce qui incita les Romains à l'associer à Minerve, leur déesse de la sagesse, des arts pratiques et ornementaux et de la guerre défensive. Comme déesse guerrière, Brighid préfère l'usage de la lance ou de la flèche.
À cause de son association avec la guérison et l'aide aux naissances, Brighid préside autant sur l'eau que le feu. Les terres celtes sont parsemées de puits et de ruisseaux portant son nom ou qui lui sont dédiés. Les Celtes présentent des offrandes à Brighid en lançant des pièces de monnaie ou des anneaux dans les puits sacrés. D'autres sacrifices étaient offerts où trois ruisseaux se rencontrent.
Des guérisons sont attribuées à Brighid. L'une d'entre elles raconte que deux lépreux sont venus à l'une des rivières sacrées, cherchant la guérison. La déesse demanda à l'un des hommes de laver l'autre. Aussitôt le geste accomplit, l'homme lavé fut aussitôt guérit. Puis la déesse demanda à l'homme guérit de laver le second. Dégoutté par l'allure de son compagnon, celui-ci refusa de le toucher. Brighid lava l'homme elle-même et il fut guérit. Contrariée par le manque de compassion, la déesse affligea le premier homme de la terrible maladie avant qu'il puisse partir.
Brighid, qui vivait et travaillait loin sous terre, était honorée dans un feu perpétuel à Kildare (ville d'Irlande qui existe encore aujourd'hui). Ce feu était entretenu par 19 prêtresses vierges appelées les Filles de la Flamme, représentant les 19 ans de la grande année celtique. Chaque jour, une prêtresse différente avait charge du feu sacré et le vingtième de chaque cycle, Brighid s'en occupait elle-même de façon miraculeuse. Aucun homme n'avait le droit d'approcher. Ces prêtresses n'avaient aucun contact avec aucun mâle. Même leur nourriture et toutes les fournitures dont elles avaient besoin leur étaient fournies par les femmes des alentours. Quand le Catholicisme s'implanta en Irlande, le temple de Kildare (originalement Cill-Daire, soit "l'église du chêne") était entouré d'une haie serrée de chênes, arbre sacré des druides. Il devint un couvent vers 470 AD, et les prêtresses devinrent des nonnes, mais les traditions se perpétuèrent et la flamme éternelle continua à brûler.
Convertir un temple en couvent était l'une des manoeuvres de l'église romaine catholique de sanctifier le paganisme en le cachant sous un voile de christianisme. Le temple devenu couvent continua à faire brûler la flamme sacrée pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce que la Réforme élimine les monastères.
Les mythologistes et les historiens s'entendent pour dire que Brighid fut convertie en sainte catholique parce qu'elle était une figure trop appréciée pour être mise de côté. Elle ne fut pas la seule déesse à être "adoptée" après la conversion de l'Europe et leur culte continua jusqu'à ce jour, soit en tant que saintes ou comme déesses.
Les hagiographes catholiques nous donnent quelques faits sur la vie de Sainte Brigitte, surtout des miracles et des anecdotes récoltés quelques siècles après sa mort, d'après les traditions païennes qui étaient encore très vives à cette époque. Elle est née au milieu du cinquième siècle, d'humbles parents, mais la tradition populaire en fait la fille d'un chef celte et d'une femme esclave, les deux ayant été baptisés par Patrick. Le folklore catholique la déclare une enfant d'une grande beauté qui fit un pacte avec Dieu lui-même que, s'il empêchait sa mère d'être fâchée d'avoir donné un plein seau de lait, elle se départirait de sa beauté. Dieu accepta et protégea l'enfant de la colère de sa mère, mais prit sa beauté. Plus tard, quand elle se consacra à Dieu, il lui rendit sa beauté. Étrangement, cette fable chrétienne rejoint le culte païen de "Celle à deux visages".
Comme sainte catholique, Brigitte est associée aux miracles de la fertilité et jusqu'au 18ème siècle, le seul monastère constituée uniquement de femmes était encore entretenu à Kildare, et la flamme sacrée y brûlait encore. Une chanson était chantée à cette sainte:
"Brigitte, excellente femme, flamme soudaine, que le soleil brillant et impétueux nous amène au domaine éternel."
Plusieurs des miracles attribués à sainte Brigitte sont en rapport avec la multiplication, car de son vivant, elle était réputée pour sa générosité légendaire. Il est dit que ses vaches donnaient du lait trois fois par jour, que l'eau tirée du puits se changeait en lait, qu'un baril de bière apporté à un village put en fournit 18 autres. L'histoire la plus étrange rapporte qu'elle changea l'eau de son bain en bière pour satisfaire la soif qu'un membre du clergé arrivé à l'improviste.
Brigitte est supposément enterrée à Downpatrick, en Irlande, avec Saints Colomban et Patrick, mais ses reliques sont dispersées dans toute l'Europe. Elle est vénérée en Alsace, en Flandres, au Portugal, en Angleterre et, naturellement, en Irlande. Elle est habituellement représentée avec une vache à ses pieds et tenant une croix. Son emblème est une lampe allumée ou une bougie. Elle peut aussi être vue avec une flamme au-dessus de sa tête ou avec des oies ou une vache près d'elle, près d'une ferme ou laissant de la cire couler d'une chandelle sur son bras ou guérissant la main d'un homme. Les symboles païens associés avec Brighid sont:
Feu
La flamme;
la couronne de bougies allumées;
l'âtre.
Eau
Les chaudrons;
les sources;
les puits.
Grain
La roue de Brighid;
la gerbe d'avoine ou de maïs.
Créatures
La vache blanche aux oreilles rousses;
le loup;
le serpent;
le cygne;
le vautour.
Talismans
Un miroir brillant ouvert sur l'au-delà;
le rouet;
le Saint-Graal.
Bien que Brigitte soit la plus populaire des saintes irlandaises, elle fut décanonisée dans les années 1960 par la modernisation de Vatican II. La raison donnée fut qu'il n'y avait pas assez de preuves de sa sainteté, ni même de son existence. Que dire de l'infaillibilité du pape qui l'avait canonisé au départ? Qu'importe, puisque le temple devenu couvent puis détruit pendant la Réforme, n'a pas empêché les nonnes de protéger la flamme de Brighid. Le temple a été reconstruit et maintenant, les touristes peuvent se rendre à Kildare et voir la flamme éternelle dédiée à la déesse Brighid.
Le texte est subjectif. L'auteur ne se tient pas responsable des accidents qui pourraient subvenir en cas de négligence, des erreurs typographiques (ou de traduction), ou de la disponibilité des pages. Tous les documents sont publiés ici uniquement pour des raisons éducatives et informatives. Aucune permission n'a été demandée ou accordée pour la diffusion, la traduction ou la modification des documents utilisés.